Floch Rachel

Pour une connaissance pratique du paysage : geste, mémoire, parole.

Thèse sous la direction de Nathalie Simonnot (Léav- Ensav), co-encadrée par Armand Behar (CRD), depuis Septembre 2021.

Pour une connaissance pratique du paysage : geste, mémoire, parole

Résumé de la Thèse

Partant du constat d'un éclatement des cadres classiques de la représentation du paysage et d'une interrogation sur sa " mort ", cette thèse aborde le lieu dans sa dimension hétérogène et fragmentée dans le but de développer une méthode pratique qui retisse ensemble ces éléments dispersés quoique coprésents.
En intégrant la notion de destruction et les variantes étymologiques qu’elle implique – traces, souvenir, enfouissement –, il s’agit de donner corps à une mémoire du lieu par l’interprétation d’archives et de fragments (cartes anciennes, objets, matériaux) récoltés au cours de différents arpentages, pour recomposer ce qui contribuerait à maintenir le tissage du lieu et son écologie, sa complexité par la recherche pratique. Le premier terrain d’étude, la communauté de commune Grand Paris Seine et Oise à cinquante kilomètres de Paris en Seine Aval, condense différentes strates historiques qui, visibles par bribes, constituent divers témoignages à incarner : anciens tracés de chasse datant du 18e siècle, villes-pont historiques, usines désaffectées, ou anciennes carrières de gypse.

À partir de l’hypothèse d’un processus inexorable de transformation et d’éclatement du paysage, nous supposons qu’il est nécessaire d’acter la survie du lieu en incarnant différents récits issus d’une collecte de fragments et d’éléments d’archives sur le lieu, en prenant le risque d’interpréter ses signes, et donc de produire un nouveau type de connaissance issu d’une pratique in situ qui soit attenant et complémentaire à une connaissance plus distanciée. Cette hypothèse implique la nécessité de développer un langage dans ce nouveau paysage qui s'apparenterait à un réseau de signes dans la perspective de contribuer, à notre niveau, à refonder une épistémologie du paysage, c'est-à-dire à interroger de manière active les modes de représentation et leurs limites. Désormais marqué par l’annonce de sa destruction, le paysage pourrait être ainsi maintenu vivant dans son principe, en ce sens " patrimonialisé " par l’élaboration sur son sol d’une pratique comme action concrète située.

L’objectif de ce travail serait le développement d'une méthodologie originale au croisement de l'enquête de terrain, de l'investigation historique et de la pratique plastique afin de contribuer à affirmer l’identité des lieux choisis dans une réflexion autour d’une forme patrimonialisation active d’ensembles paysagers. 


Directrice de thèse :
SIMONNOT Nathalie, Léav- Ensav
Co-encadrant :
BEHAR Armand, Centre de Recherche en Design.

Modalité et sources de financement :
Contrat doctoral spécifique normalien.

Date d'inscription en thèse : Septembre 2021.
Date de soutenance : Automne 2024.